NAS ou cloud : où stocker les données

Le NAS offre débit local et maîtrise, le cloud la disponibilité et la mutualisation. Le bon choix combine souvent les deux.
Illustration d'un boîtier de stockage local et d'un nuage de données

En bref. Le NAS offre un débit local élevé et une maîtrise complète des données ; le cloud apporte la disponibilité, l’accès distant et la mutualisation de l’exploitation. La plupart des PME retiennent une architecture hybride, et aucune des deux ne dispense d’une sauvegarde distincte.

La question revient à chaque renouvellement de serveur. Elle est rarement tranchée sur des critères techniques : elle l’est sur le volume de données manipulées quotidiennement, la qualité de la connexion et la présence ou non d’une compétence interne.

Ce que chaque solution apporte

Critère NAS local Stockage en ligne
Débit sur gros fichiers Très élevé, indépendant d’Internet Limité par la connexion
Accès à distance À configurer, avec précautions Natif
Coût Investissement initial, puis faible Abonnement récurrent, croissant avec le volume
Disponibilité Dépend du matériel et du local Élevée, mutualisée
Maintenance À la charge de l’entreprise Assurée par le prestataire
Dépendance à Internet Nulle en local Totale
Réversibilité Immédiate, données sur place À vérifier contractuellement

Les cas où le NAS s’impose

  • Fichiers volumineux manipulés quotidiennement : plans, vidéo, imagerie, conception assistée. Le temps d’ouverture sur une connexion partagée devient rédhibitoire.
  • Connexion Internet faible ou instable, situation encore fréquente hors des zones denses.
  • Applications métier exigeant un accès rapide à une base de données locale.
  • Volumes importants, où l’abonnement en ligne devient plus coûteux que l’amortissement d’un équipement.

Les cas où le cloud s’impose

  • Équipes mobiles ou multi-sites, où l’accès distant est la règle et non l’exception.
  • Absence de local technique correct : un NAS posé dans un placard surchauffé, sans onduleur ni protection physique, est un risque et non une solution.
  • Aucune compétence interne pour surveiller les disques, appliquer les correctifs et tester les restaurations.
  • Collaboration externe fréquente avec des clients ou partenaires.
  • Croissance imprévisible du volume, difficile à anticiper par un achat.

L’architecture hybride, réponse la plus fréquente

Elle consiste à placer chaque donnée là où elle est le plus utile :

  1. Les fichiers de travail collaboratifs dans la suite en ligne déjà utilisée pour la messagerie — voir notre comparatif Microsoft 365 ou Google Workspace.
  2. Les gros volumes et les archives actives sur un NAS local.
  3. Les sauvegardes sur un troisième support, distinct des deux précédents et hors ligne.

Cette répartition suppose une règle claire, écrite et communiquée : sans elle, les fichiers se dupliquent aux trois endroits et personne ne sait plus quelle version fait foi. La règle a sa place dans la charte informatique.

Ce qu’aucune des deux solutions ne fait

Ni le NAS, ni le cloud ne constituent une sauvegarde.

  • Un NAS en miroir protège de la panne d’un disque, pas d’une suppression, d’un chiffrement par rançongiciel, d’un dégât des eaux ou d’un vol.
  • Un espace en ligne conserve un historique de versions et une corbeille, mais sur une durée limitée : une suppression massive découverte deux mois plus tard n’est plus récupérable.

Dans les deux cas, une sauvegarde distincte, isolée et testée reste nécessaire. C’est l’objet de nos articles sur les sauvegardes automatisées et leurs tests et sur la sauvegarde immuable.

Sécuriser un NAS correctement

  1. Ne jamais l’exposer directement sur Internet : c’est la cause principale des compromissions de NAS en PME.
  2. Changer les identifiants d’usine et désactiver le compte d’administration par défaut.
  3. Appliquer les mises à jour du système du NAS, souvent négligées — voir les mises à jour de sécurité.
  4. Cloisonner les partages par service, avec des droits en lecture seule quand c’est possible.
  5. Surveiller l’état des disques et recevoir les alertes par courriel.
  6. Protéger physiquement l’équipement : local fermé, onduleur, ventilation.

Des recommandations sur la protection des données stockées sont publiées par l’ANSSI. Les obligations relatives aux données personnelles sont traitées dans notre article sur les obligations informatiques du RGPD.

Comment décider en pratique

Trois mesures suffisent à trancher : le volume total et sa croissance annuelle, le débit montant réel de la connexion — souvent bien inférieur au débit descendant annoncé —, et la taille moyenne des fichiers ouverts quotidiennement. Si les fichiers de travail dépassent régulièrement quelques dizaines de mégaoctets et que le débit montant est modeste, le local reste indispensable.

Questions fréquentes

Un NAS peut-il servir de sauvegarde du cloud ?

Oui, et c’est une combinaison pertinente : les données de la suite en ligne sont copiées quotidiennement sur un support local. Encore faut-il que cette copie soit elle-même protégée contre le chiffrement.

Le stockage en ligne est-il moins sûr ?

Les infrastructures des grands fournisseurs sont généralement mieux protégées qu’un local d’entreprise. Le risque se déplace vers les accès : un compte compromis donne accès à tout, d’où l’importance du second facteur.

Comment estimer le coût sur cinq ans ?

Additionner, pour le NAS, l’équipement, les disques de rechange, l’onduleur et le temps d’administration ; pour le cloud, l’abonnement au volume projeté à cinq ans, options de sauvegarde comprises. Les deux se rapprochent souvent plus qu’on ne le croit.

Que vérifier avant de s’engager sur un service en ligne ?

La localisation des données, la durée de conservation des versions supprimées, les modalités d’export complet et les clauses de sous-traitance. Ce sont les quatre points qui posent problème le jour où l’on veut partir.

Conclusion

NAS et cloud ne s’opposent pas : ils répondent à des contraintes différentes et se combinent bien. La seule décision qui ne se discute pas, quel que soit le choix, est celle de la sauvegarde — distincte, isolée et testée, car ni l’un ni l’autre n’en tient lieu.

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